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Personnages liminaires dans le théâtre de Bernard-Marie Koltès

Personnages liminaires dans le théâtre de Bernard-Marie Koltès

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Communication présentée dans le cadre du colloque "Idiots. Figures et personnages liminaires dans la littérature et les arts" (UQAM, Figura, 2010).

En 20 ans, Koltès, le dramaturge français contemporain le plus joué au monde est devenu un «classique» et ses personnages, depuis le premier grand livre à lui consacré, celui d’A. Ubersfeld en 1999, ont fait l’objet de multiples analyses: incomplets, inachevés, marginaux, ils ne cessent d’échafauder au fond des transactions impossibles. Et «pourtant ce qui compte c’est de pouvoir s’échanger avec quelqu’un» (Cal, Combat de nègre et de chiens, 51).

Quant à nous, nous proposons d’user, pour les lire, de notre théorie ethnocritique du personnage liminaire (pour une 1ère définition voir l’introduction du présent colloque et notre article dans la revue Romantisme, 145, 2009). C’est à partir d’une étude des relations entre les personnages de Combat de nègre et de chiens (1983) en termes d’initiation (au sens anthropologique de processus de socialisation des individus en termes d’apprentissage des différences de sexe, d’état et de statut) que nous tentons, in fine, des réflexions plus larges sur la question de l’échange impossible dans ce théâtre.

Dans un espace-temps de «marge» (phase des épreuves et des expérimentations de soi en autre) – un chantier de Blancs en Afrique, quelques heures au crépuscule –, Horn le chef de chantier et Cal l’ingénieur sont des personnages masculins mal initiés voire non initiés; Léone quant à elle est une belle Endormie qui va se réveiller (partiellement) en Afrique dans la rencontre avec son prince des Ténèbres, Alboury. Cette ravissante idiote, une «fada» au sens propre, se révèle au fond être à la fois une non initiée, une mal initiée et une sur initiée, jamais une initiée tout simplement: elle est un personnage liminaire.

La liminarité est marquée chez Koltès d’inceste et de cannibalisme symboliques: ce théâtre qui rêve l’altérité, l’ailleurs, la périphérie est bien plutôt un théâtre où l’on ne fait pas alliance avec autrui (condition du «passage»), où l’on ne sort pas de l’utopie (cauchemardesque souvent) de l’entre-soi, du cumul de l’identique et du redoublement du même. Et ces tensions, nous semble-t-il, sont bien celles qu’on finit par retrouver quand on cherche à délimiter le territoire de l’idiot.

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