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Recherches


1- CELTED (Centre d'Etudes Linguistiques des Textes et des Discours, Université Paul Verlaine-Metz) Site
Directeur André PETITJEAN, Professeur.
Responsable de la composante Littérature, J.M.
PRIVAT, Professeur.
L'ethnocritique fait partie du programme officiel de la recherche au CELTED.

a- Programme en cours d'élaboration dans le cadre de la préparation du contrat quadriennal (2008-2011) :

- Logogenèses de la littérature
Selon la célèbre formule de Wittgenstein, " toute une mythologie est déposée dans notre langue " (Remarques sur Le Rameau d'Or de Frazer). L'hypothèse logogénétique suppose par exemple que les locutions idiomatiques d'une langue (" chercher une aiguille dans une meule de foin ", " tourner sept fois la langue dans sa bouche ", " se jeter dans la gueule du loup ", etc.) sont des idiomatismes culturels - analysables comme tels (et pas seulement conçus comme des " subterfuges " à la Riffaterre). Ces topiques discursives communes jouent comme référents implicites ou explicites que l'auteur et / ou le lecteur relexicalisent et remotivent dans des genres aussi divers que les fables ou les fabliaux (narritivisation de proverbes), les textes hagiographiques (sources et ressources étymologiques), les légendes anthroponymiques ou toponymiques (récits étiologiques) mais aussi les contes oraux, la littérature de jeunesse, la littérature populaire, la poésie de Mallarmé ou de P. Valéry, etc. Comme si la littérature était peu ou prou une étiologie poétique de la langue, une quête idiolectale et une requête inventive de la culture qui fait corps avec la langue. 
    A titre d'exemple, un dossier " logogénétique " constitué autour d'un roman de Zola - La Débâcle - pourrait se focaliser sur l'exécution de Goliath Steinberg à la fois " égorgé comme un cochon " et véritablement saigné comme lors de la " tuée du cochon " dans la France d'autrefois. La sémiosis zolienne combine ainsi la mémoire latente de la formule expressive (exploité parfois dans les contes oraux et populaires recueillis au XIX°s.) et la référence assumée à une pratique paysanne ritualisée pour produire une variante littéraire et inouïe du sacrifice de ce " cochon de Prussien ", combinatoire sémio-culturelle qui littéralement engendre de la fiction.

b- Atelier mensuel d'ethnocritique ouvert aux étudiants de master 2 et aux doctorants en ethnocritique. 
  




En France, la recherche en ethnocritique se fait sur le plan institutionnel dans les organismes suivants :
2 - Maison des Sciences de l'Homme-Lorraine

Programme de recherche en ethnocritique (axe 2 " Langues, textes et documents " de la MSH Lorraine).

Ethnocritique et corpus littéraires
- Ethnogénèse du roman
Sans réduire l'ethnologie à la littérature (et vice versa), l'idée ici est de comparer les avant-textes des romans (carnets d'enquête, scenarii, plans, ébauches, brouillons, etc.) et leurs versions définitives. On observe en effet que les différents états du manuscrit présentent souvent un matériau ethnographique assez riche (Zola et ses carnets d'enquête par exemple) alors que les règles d'élaboration des discours littéraires tendent à les transformer selon des modalités diverses (condensation, déplacement, refiguration, suppression, etc.). Les brouillons joueraient de ce point de vue le rôle de conservatoire ou d'encyclopédie des mœurs (selon des critères de sélection à analyser) que le travail d'écriture fait passer du " document " au " monument ".

Statut et typologie du " document " en ethnocritique de la littérature
Dans les œuvres définitives maintenant, quel statut accorder de notre point de vue ethnocritique au " document "? Un concept comme celui de folklorème ou de culturème (= unité culturelle minimale de signification) est-il valide ? On pourrait tenter une typologie de ces différents " documents " : ethnotextes (chansons folkloriques, proverbes, dictons, etc.), descriptions de pratiques (rituelles en particulier), voix (populaires par exemple), etc. Il n'y a qu'à penser à un roman comme L'Assommoir pour se rendre compte de toute l'étendue de ces questionnements.

Organisation d'une Journée d'études au printemps 2008 : "Les savoirs ethnographiques dans les brouillons d'écrivains et les premières éditions des oeuvres"(Chateaubriand, Hugo, Flaubert, Maupassant, Zola, Vallès, Ramuz).
5 - Thèses en cours sous la direction de J.M. Privat, Pr.


CELTED
Maison des Sciences de l'Homme-Lorraine
Thèses en cours
3 - Lahic

JM
Privat et M. Scarpa sont membres associés du LAHIC (Laboratoire d'Anthropologie et d'Histoire de l'Institution de la Culture, dir. Daniel Fabre, CNRS / Ministère de la Culture / EHESS, Paris). Dans ce cadre, ils développent des recherches en ethnocritique sous forme de séminaires et de Journées d'Etudes.
LAHIC
- Guillaume Drouet (UPV-M/CELTED)

" Le Chat de maraude " : une ethnocritique des Misérables de Victor Hugo

      
L'étude ethnocritique des Misérables propose une relecture de l'œuvre de Victor Hugo en articulant poétique des textes et anthropologie du symbolique. Pour ce faire, elle envisage le roman à travers le double prisme d'un folklorème et d'un culturème.
      Dans un premier temps, la problématique principale de l'étude porte sur le degré d'identification du personnage principal, Jean Valjean, à une figure traditionnelle de la culture des Alpes françaises, le " tso-maraude ". Dès le premier chapitre où apparaît le héros, une habitante de Digne le qualifie ainsi. Cette expression, a priori stigmatisante puisque le narrateur la traduit par " chat de maraude ", possède en fait un sémantisme complexe qui permet d'envisager le déploiement de plusieurs figures et l'articulation de nombreux systèmes de relation ; en effet, un tso-maraude c'est aussi une sorte de croquemitaine, un marieur, un armièr (messager des âmes) et un berger. Homme pluriel, Jean Valjean semble assumer ces différentes fonctions ; surtout, celles-ci en font un véritable trickster médiatisant les relations entre adultes et enfants, hommes et femmes, vivants et morts, sauvage et domestique. L'identification du héros au tso- maraude permet ainsi de lire le destin de cette figure en voie de constitution qu'est Jean Valjean comme une tentative originale d'appropriation d'une certaine forme de culture populaire. Ainsi envisagée, l'étude du personnage rend aussi compte de la polyphonie culturelle d'un texte qui est un véritable lieu d'acculturation (en lui s'exprime en effet les tensions entre culture populaire rurale, culture populaire urbaine, grand bourgeoise, savante…). Enfin, la manière dont l'œuvre intègre ce complexe de figures à la trame romanesque tout en le retravaillant constitue une solution originale au problème hugolien du traitement littéraire du peuple.
      Dans un second temps, l'étude de ce folklorème qu'est le tso-maraude apporte un éclairage particulier sur le culturème qu'est le bâton de Jean Valjean. Cet objet, que le personnage possède pendant toute une partie du roman, qui suit son parcours et son évolution, apparaît comme un objet-monde qui donne à lire de manière synoptique, les dimensions à la fois fonctionnelle, mythique et esthétique de l'histoire du héros. Bien plus qu'un simple outil, le bâton, selon la perspective ethnocritique, est un répertoire de motifs, un emblème du personnage, un marqueur statutaire, un médiateur des relations du personnage avec son environnement témoignant d'un certain éthos. Ainsi, parallèlement à une interrogation sur le rapport entre le bâton et les différentes figures de Valjean (dans quelle mesure ce bâton est un bâton de croquemitaine, de marieur, d'armièr et de berger) l'étude proposera une réflexion sur le traitement littéraire de l'objet qui, dans l'œuvre hugolienne, semble assez proche de la vision qu'en ont les " sociétés traditionnelles " et qui consiste à le faire " adhér[er] étroitement à la personne " (Jean Poirier, Histoire des mœurs).  
 
- Sophie Dumoulin (UQAM/UPV-M)

L'écriture de jeunesse de Victor Hugo traduit une pensée culturelle reposant sur la logique carnaval/carême, qui participe d'une cohésion structurante à la base de ses quatre premiers romans, soit Han d'Islande (1823), Bug-Jargal (1826), Le Dernier Jour d'un Condamné (1829) et Notre-Dame de Paris (1831). Ce grand schème carnaval/carême semble interférer avec une autre structure anthropologique, soit la dialectique littératie/oralité, Hugo alliant dans ses romans les grandes institutions oppressives à la culture écrite (et au pouvoir relié au savoir écrit), et ce qui relève du carnavalesque (et de la pratique collective du carnaval) à la culture orale. Aussi notre projet doctoral porte-t-il sur les représentations (symboliques) carnavalesques et quadragésimales qui structurent l'organisation des romans de jeunesse hugoliens   tant dans les relations entre les personnages que dans la logique d'évolution des récits   , et notre thèse s'attache à démontrer comment ces représentations ethno-logiques sont, suivant une perspective plus large, au cœur de rapports conflictuels entre l'oralité et la littératie. Nous comptons par ailleurs élargir nos réflexions à la situation des œuvres dans leur contexte socio-historique en mettant de l'avant les effets de sens créés par la carnavalisation, notamment sur les plans artistique (esthétique), social, politique et religieux, et en nous questionnant sur ce que permet cette métaphorisation à l'écriture même de Hugo, qui se veut une écriture du changement. De notre étude de la carnavalisation comme principe créateur, nous tentons en effet de comprendre les diverses vues qu'exprime Hugo sur son époque.

- Françoise Ménand-Doumazane (UPV-M/CELTED)

Lecture d'Aline de C.F. Ramuz : essai d'ethnocritique

Cette étude a pour projet de décrire le système culturel, diffus, complexe, mais structurant et constitutif du texte d'Aline. Logiques ethnoculturelles, voix populaires et savantes, tissées dans la trame narrative de ce premier récit de Ramuz (1905), trouvent dans les romans suivants d'indéniables prolongements : je me propose, ainsi, d'analyser les résonances de cette polyphonie culturelle dans les œuvres ultérieures.
Cet essai d'ethnocritique se fixe, également, pour objectif d'explorer l'écriture ramuzienne à l'œuvre dans Aline : la confrontation du manuscrit original et des réécritures successives, infléchies à la demande des éditeurs romands et parisiens, révèle, selon les versions, une culture populaire d'une puissance inégale et significative dans ses effets.
Mon analyse tentera, enfin, de rendre compte de ce qui se joue dans l'appropriation par le lecteur, d'un tel récit : l'hypothèse posée est celle d'une action réciproque s'exerçant entre culture du texte et culture du lecteur. Je propose, ainsi, d'esquisser à partir de l'exemple d'Aline et des romans suivants la dimension anthropologique de leur possible lecture.
- Sabine Ricote (UPV-M/CELTED)

Ethnocritique des espaces dans un corpus de poèmes en prose du XIXe siècle : Gaspard de la Nuit d'Aloysius Bertrand, Le Spleen de Paris de Baudelaire, Une Saison en Enfer et Les Illuminations de Rimbaud

Cette lecture ethnocritique du poème en prose tentera d'articuler une poétique des textes littéraires et une ethnologie du symbolique à partir d'une catégorie fondamentale, celle de l'espace. On se propose donc d'utiliser les concepts convoqués, entre autres, par la géographie humaine dans son analyse de l'espace rural (domus / campus / saltus) pour étudier les reconfigurations des espaces urbains dans un ensemble de poèmes en prose (Gaspard de la Nuit d'Aloysius Bertrand, Le Spleen de Paris de Baudelaire, Une Saison en Enfer et Les Illuminations de Rimbaud). Cette étude permettra également d'aborder la question générique de la forme du poème en prose et son analyse ethnocritique.
4 - A l'étranger

Le Laboratoire d’ethnocritique et d’anthropocritique de la littérature (LEAL), co-dirigé par Véronique
Cnockaert, Jean-Marie Privat et Marie Scarpa, est une composante de Figura, Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire (dir. Bertrand Gervais) au sein de l’Université du Québec à Montréal.
A l'étranger